L’autonomie des élèves

L’autonomie des élèves

2 fonctionnements pour l’autonomie : les brevets et les « plans de travail »

Pendant que j’ai un groupe d’élèves en apprentissage, les autres enfants sont avec l’ATSEM ou en autonomie. Il y a quelques années, j’imposais à tous la compétence à travailler en autonomie. je différenciais, mais tout le monde faisait graphisme en même temps ou reconnaissance de mots, coloriage … Puis je me suis rendue compte que certains enfants n’étaient pas motivés soit par l’activité en elle même soit juste pour la faire à ce moment là. Et autre problème, que faire des enfants qui vont plus vite ou moins vite que les autres ?

Les plans de travail ?

Avant d’aller plus loin dans cet article … est-ce un plan de travail, une feuille de route, des défis ou tout autre nom donné aux différents outils d’autonomie, utilisés par nos élèves. Je suis allée lire l’article très fourni d’Un prof D z’écoles (https://unprofdzecoles.com/2019/11/13/quest-ce-quun-plan-de-travail/ ).

Mon outil pourrait plutôt s’appeler « ma fiche de route », « mes défis » … il s’agit en effet d’activités que j’ai choisies en fonction des capacités de chacun. J’utilise cet outil pour différencier l’entrainement des élèves mais aussi pour leur laisser une certaine liberté de choix.

Il ne s’agit pas d’un réel plan de travail où l’enfant serait maitre de son propre projet d’apprentissage et remplirait des cases vides avec les notions qu’il veut apprendre (même si c’est faisable en fin d’année avec des GS).

Cependant, il me parait difficile de changer en cours d’année (après mes lectures sur le sujet) un terme utilisé par les jeunes enfants et rentré dans les habitudes de classe. Nous changerons à la rentrée … « mes défis d’apprentissages » je trouve ça plutôt bien pour l’objectif que je me donne.

Pourquoi ?

« Les enfants ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent, mais libres de vouloir ce qu’ils font. » Cette phrase résume tout à fait ce que je veux faire de l’autonomie de mes élèves. Elle me parait très importante pour le plaisir d’apprendre et donc la motivation des enfants.

« Les plans de travail » sont en lien avec le projet en cours. Au fil de l’année, ils s’individualisent de plus en plus.

Je me suis inspirée des Intelligences Multiples pour essayer de trouver sur le même thème une entrée plus orale, plus écrite, plus manuelle ou artistique, une entrée visuelle et une coopération. Ainsi chaque enfant commence par l’entrée qui l’attire le plus (et c’est intéressant de voir que certains sont attirés par les QRCodes mais d’autres par un graphisme long ou d’autres le modelage).

Comment ?

Selon les jours, les enfants sont en autonomie sur un ou deux créneaux allant de 20 à 40 min sur la journée. A ce moment, ils prennent leur plan de travail et doivent se débrouiller seul. Au début, je prévoyais et imposais les « plans de travail » sur 2 semaines, ce qui allait à l’encontre de ce que je voulais : respecter le rythme et l’envie de chacun. Je laisse donc les enfants avancer à leur rythme. Pour les plus rapides, je donne d’autres « plans de travail », pour les plus lents, je leur fais faire à d’autres moments de la journée (accueil du matin ou de l’après -midi)

Être autonome implique qu’ils doivent comprendre les images du « plan de travail », savoir où est rangé le matériel et comment faire quand ils ont fini une activité.

En début d’année, je ne prends pas de groupe d’apprentissage avec moi mais reste disponible pour aider les plus fragiles en autonomie. Nous faisons aussi énormément d’activités sur l’organisation des jeux dans la classe (rangés en espace).

Les premiers « plans de travail » sont très simples pour la compréhension de consignes : dessin, puzzles, pâte à modeler … Ils permettent aux enfants de se rassurer dans ce nouveau mode de fonctionnement. Au fur et à mesure des semaines, ils se complexifient dans les activités et se différencient selon les enfants. J’essaye de faire revenir souvent les mêmes activités pour ne pas submerger les enfants avec de nouvelles consignes : dessin guidé, associer mots et images, cartes de nomenclatures, QRCodes …

Ce système d’autonomie met aussi en avant le tutorat, l’entraide. Les élèves se guident entre eux, s’expliquent les consignes, se montrent où se rangent les jeux. Au fil des semaines, je mets certains élèves vérificateurs des activités ou des activités à faire en binôme.

Maitresse, j’ai finiiiiiiiiiii !

… cette phrase que l’on entend 150 fois par jour, par heure, par minute !!!

Quand une activité du plan de travail est terminée, l’enfant la coche. Ensuite, 2 solutions :

* si c’est sur fiche, il met son prénom et la range dans un tiroir spécifique (MS ou GS)
* si c’est manipulable, il prend une photo avec l’appli ABC PhotoBook d’Emmanuel CROMBEZ. J’utilise ses photos pour vérifier leurs réussites et en faire des vignettes qui seront collées dans le CSA(Classeur de Suivi des Apprentissages).

Il passe ensuite à une autre activité. Ou si une activité lui parait trop longue, il peut l’arrêter en faire une autre et y revenir plus tard, au moment où il sera plus concentré sur la tâche.

Le support

J’ai fait le choix de faire une fiche en rapport avec le projet en cours. Sur ces fiches, les élèves ne voient pas leur progression dans la compétence. On trouve « des plans de travail » de plusieurs pages avec la progression pour chaque compétence. Je trouve ces documents très lourds et peu lisibles pour les jeunes enfants. Ils peuvent observer leur progression sur d’autres outils de la classe. je préfère garder le plan de travail par projet, afin de donner du sens et une structure à leurs apprentissages.

En fin d’année, j’arrive à faire de réels plans de travail où les GS choisissent une activité pour apprendre quelque chose :
– connaitre tous les os du squelette
– faire des additions avec des grands nombres
– lire des petits mots
– modeler des personnages debout …

Les brevets

Pour les plus jeunes, j’ai choisi d’utiliser des brevets d’autonomie. Je me suis fortement inspirée du travail chez Maternailes pour mes premiers (http://maternailes.net/brevet2/) , puis j’en ai inventés d’autres en fonction des activités de ma classe.

Les brevets regroupent pour une même activité ou une même compétence, une progression.

En début d’année, j’impose aux PS l’activité à faire en autonomie. Quand l’enfant a fini son activité, il fait valider par un adulte ou un élève plus expert. Il peut alors cocher la phase réussie sur son brevet, la prochaine fois, il pourra complexifier sa tâche et ne pas refaire la même chose. Il prend aussi son travail en photo avec ABC Photobook pour créer une vignette de réussite.

brevets brevets2brevet PS

Au fur et à mesure de l’année, je laisse les PS plus libres de leur choix. Ils doivent aller chercher leurs brevets et choisir celui qu’ils veulent faire. Ils doivent s’installer seul et faire l’activité.

Le brevet permet à l’enfant de savoir ce qu’il a réussi et ce qu’il lui reste à apprendre. Je les fais principalement pour toutes les activités manipulables : découpage, modelage, collier, pinces à linge, boites à compter, puzzle, le prénom, pincer, visser …

Voici quelques fichiers de brevets :  brevet assemblage formes brevet pince brevets pinces à linge brevet enumeration poussins brevet coin sensoriel brevet ciseaux

Et vous comment fonctionnez-vous en autonomie ?

2 comments

Enseignante en cycle 3, actuellement en congé parental, je souhaiterais demander une classe de maternelle à la rentrée et votre site internet est une véritable mine d’or. Je dévore vos articles ! Encore merci.

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